Rédiger le document unique d'une entreprise du paysage

Ce que le DUERP doit contenir, unité de travail par unité de travail. À partir de quel effectif, à quelle fréquence de mise à jour, et ce que son absence fait encourir.

  • Publié le 25 août 2026
  • 4 min de lecture
  • Sécurité
Sécurité

Le document unique d’évaluation des risques professionnels est obligatoire dès le premier salarié. Pas au troisième, pas au dixième.

C’est aussi la première pièce que l’inspection du travail demande après un accident, et celle dont l’absence transforme un accident en question de faute inexcusable.

Ce qu’il contient réellement

Le DUERP recense les risques par unité de travail. C’est le mot qui commande tout le reste, et celui que les modèles génériques traitent mal.

Une unité de travail n’est pas un métier. C’est un ensemble cohérent de situations de travail exposant à des risques comparables. Dans une entreprise du paysage, le découpage ressemble à ceci.

Unité de travailRisques dominants
Tonte et entretien courantmachine, bruit, vibration, projection, TMS
Taille et élagagehauteur, machine coupante, chute d’objet, ligne électrique
Création et terrassementengins, réseaux enterrés, charges, ensevelissement
Application de produitschimique, respiratoire, cutané
Atelier et dépôtmachine à poste fixe, manutention, produits stockés
Conduite et transportrisque routier, arrimage, chargement

Pour chaque risque, le document décrit la situation, évalue la gravité et la fréquence, et consigne les mesures de prévention en place et celles à mettre en œuvre.

Ne pas partir d’un modèle du bâtiment

Un DUERP recopié d'un modèle BTP passe à côté de l'essentiel. Le paysage relève du régime agricole, et son accidentologie ne ressemble pas à celle du bâtiment : la petite mécanisation y produit plus d'accidents que les engins lourds. La MSA met à disposition des trames d'évaluation propres au secteur des jardins et espaces verts.

Le point n’est pas administratif. Un document qui liste des risques d’échafaudage et ignore le happement par une débroussailleuse ne protège personne, et il se voit immédiatement.

La mise à jour est la partie que tout le monde oublie

L'obligation naît au premier salarié, sans seuil d'effectif.

Le document se met à jour à chaque changement d'organisation, d'équipement ou de méthode.

Les trames de la MSA sont calibrées pour le secteur, contrairement aux modèles du bâtiment.

La mise à jour intervient au moins annuellement, et surtout à chaque changement notable : nouvelle machine, nouveau type de chantier, nouvelle méthode de travail, accident survenu.

L’achat d’un broyeur, le passage d’une équipe au matériel à batterie, la prise d’un premier marché d’élagage : chacun de ces événements ouvre une révision.

Un document daté de six ans dans une entreprise dont le parc et les chantiers ont changé n’a plus de valeur, ni juridique ni pratique.

Ce qu’il déclenche derrière

Le DUERP n’est pas une fin. Il alimente le programme d’actions de prévention : ce qu’on corrige, dans quel ordre, avec quel budget.

C’est de là que sortent les décisions concrètes. Renouveler une machine qui vibre trop, imposer le pantalon anticoupure sur toute intervention à la tronçonneuse, écrire un mode opératoire pour l’élagage sur corde, organiser l’accueil des saisonniers.

Ces mesures ont un coût, qui entre dans le coût employeur et donc dans le prix de revient. C’est un budget, pas une charge subie : les données d’accidentologie du secteur montrent où il rapporte le plus.

L’accès des salariés

Il se tient à disposition des salariés, du médecin du travail et de l’inspection. Sa mise à disposition effective fait partie de l’obligation.

Un DUERP enfermé dans un classeur au bureau, que personne sur les chantiers n’a jamais vu, remplit la case administrative sans produire l’effet attendu. Les entreprises qui en tirent quelque chose sont celles qui l’utilisent comme support d’accueil des nouveaux arrivants.

Dans la même rubrique

Toute la rubrique « Sécurité »